TUK-TUK

Prose & Poésie

Telle une toupie, je marche sur la tête et tourne à la manière d'un danseur de break.

Le problème, c'est qu'en même temps, j'ai le tarin plongé dans le gravier et ça fait mal !

Je marche sur la tête et je ne suis pas le seul. J'en vois des vertes et des pas mûres,

Et mes ouïes sifflent surtout quand je parle aux murs !

Je me suis pourtant affublé d'une belle casquette pour que mes figures s'exécutent avec plus de fluidité,

mais ça le fait pas !J'arrive pas à faire le poirier, mon rognon gauche dégustant sec, à la limite de la rupture,

et ça fait rire tous les oiseaux en cage !Tant pis, je coupe la sono et j'arrête de faire le zouave.

-Tiens, j'ai un bout de gravier niché dans la narine !

À vouloir ménager le chanvre et le show, on se retrouve souvent le bec dans l'eau...

Après le smurf, j'aime bien me décontracter les deltoïdes. Alors, je brûle un encens de patchouli,

Je m'envoie cul-sec un demi-litre de goji et je fais mon yoga, juste histoire de me décalaminer les chakras sur le dernier CD de buddha bar ...

Je pars alors dans un voyage astral et je gagne ainsi le nirvana ! Je suis zen peinard dans la lumière du soleil,

Les burnes à l'aise dans ma djellaba ! Je souris à la vie ...

J'écoute le gong chrétien qui ébranle le clocher de mon bourg et je me sens enfin soulagé de mon enveloppe corporelle,

Je surfe sur le web pour analyser ma révolution solaire. Les auspices sont positifs et je vibre ...

Reste plus qu'à mitonner un bon wok de légumes et de crevettes "tiger" avec du poivre de Kampot : je vais pouvoir entrer en transe...

La vache, je délire grave ! Oui, c'est ma nouvelle lubie poétique : je fais ce que je veux de tous les mots qui s'enchevêtrent dans mon "aire de Broca" !

Je suis libre, enfin...

Tu sais, même si tu penses que je suis en proie à la démence, je te souhaite sincèrement, pareille délivrance !

Les rizières sont belles et vertes d'espoir. Une ribambelle de gosses surfent sur le web !

Tu préfères des sujets plus profonds comme la couche d'ozone et la taxe carbone ?

Je vous propose une nouvelle famine : une disette éternelle pour les maquignons de la finance...

  

  

MANUEL DU POETE.


« LES VERSIFICATEURS

SONT PLUS NOMBREUX

QUE LES POETES »


« Que ton vers soit la bonne aventure

Eparse au vent crispé du matin

Qui va fleurant la menthe et le thym…

Et tout le reste est littérature »

Paul Verlaine (Jadis et naguère.)


Je vous propose ce petit ouvrage d’étude sur la poésie

et ses règles de versification, qui se lira avec fruit…

Un manuel précieux à celles et ceux qui se sentent

une âme de poète.

Poète :

Celui qui s’adonne à la poésie, qui fait des vers.

Celui qui a du talent pour la poésie, ou qui possède l’esprit poétique, même sans écrire des vers.

Poète a pour féminin poétesse, mais on dit surtout femme poète et même un poète.

Par opposition à poète, celui qui fait facilement les vers,

mais est dépourvu de génie poétique...

Les formes poëte et poëme ont été rejetées par l’Académie en 1935.

Poétereau, poétastre ou poétaillon :


poète sans valeur, mauvais poètes...

La poésie est le langage des dieux; C'est l'art de composer des vers. La poésie se cultive...

« La poésie est l'art universel, l'art divin » (Hegel)

« Un poète est un monde enfermé dans un homme » (V.Hugo)


La poésie a toujours été élevée au plus haut rang des Beaux-Arts, car elle est l'expression la plus parfaite et la plus générale du beau ou de l'idéal.

La poésie offre des analogies toutes particulières avec la musique et la peinture.

Comme la musique, elle use du son et du rythme comme moyen d'expression. La poésie lui est inférieure sur les points concernant le son et le rythme, éléments beaucoup plus variés dans la musique.

Les moyens d'expression de la musique éveillent le sentiment sans trop pouvoir le représenter. Tandis que la poésie, au contraire, exprime le sentiment dans toutes ses nuances, dans toute son énergie, et avec toute la clarté de la pensée.

Comme la peinture, elle a la faculté de représenter vivement les objets. Et même si elle est incapable de représenter d'une manière

aussi précise que la peinture les formes visibles, la poésie ne s'adresse pas au regard sensible mais à l'imagination. Pour compenser ce désavantage apparent, elle possède, seule, la faculté de ne pas être emprisonnée dans un espace limité, et elle peut ainsi représenter son sujet

dans toute l'étendue et les développements successifs.

« Qui n’aime point les vers a l’esprit sec et lourd. »

Voltaire, Epître, LVII.

Seule, entre tous les arts, la poésie peut exprimer toutes les conceptions de l'esprit.

La poésie comporte à la fois l'émotion et l'inspiration de l'auteur et la technique artistique du poète qui l'extériorise.

La poésie est de tous les temps et de tous les lieux.

On distingue généralement dans la poésie un grand nombre de genres; mais tous se rapportent à trois modes généraux de la manifestation de la pensée par la parole:

-poésie lyrique

-poésie épique

-poésie dramatique

Comme toute langue vivante, le français se modifie et évolue sans cesse, reflétant les façons nouvelles de comprendre, de sentir.

C'est ainsi que les progrès scientifiques, l'informatique, les sports,

la publicité, la société de consommation ou la mondialisation ont amené la formation de mots nouveaux. Actuellement, le langage parlé pénètre de plus en plus la langue écrite. Mais notre langue garde ses qualités traditionnelles, conformes à notre esprit:


CLARTE, EQUILIBRE, GOUT, HARMONIE.


Le vers français est caractérisé par :

-Le nombre des syllabes

-La rime

-Le rythme ( place des césures )

-L’harmonie ( combinaison musicale de voyelles ou consonnes )

La beauté d’un vers découle de la maîtrise de ces facteurs…


ETUDE DE LA POESIE,

HISTORIQUE.REGLES DE

VERSIFICATION.


La versification ne doit pas être confondue avec le LANGAGE POETIQUE.En effet, sans son secours la pensée peut revêtir l'expression poétique; Mais la poésie l'exige parce qu'elle lui donne son principal élément musical.

VERSIFICATION (du latin VERSIFICATIO) :

Ensemble de règles auxquelles le poète doit obéir pour composer des vers. La manière dont une pièce est versifiée, c'est LA FACTURE du vers. Facture propre à un poète...

Nature du vers français:

On distingue deux sortes de vers:

a) Les vers métriques, comme les vers grecs et latins, qui n'emploient jamais la rime et dont la construction dépend de la combinaison des syllabes brèves et longues.

b) Les vers syllabiques, comme le vers français, qui emploient toujours la rime, et dont la construction dépend du nombre de syllabes

Le vers français n'est ni métrique, ni rythmique; Il est SYLLABIQUE, c'est-à-dire qu'il se construit d'après son nombre de syllabe ( ou pied)

Mais il est préférable d'éviter le terme "pied" car le pied du vers antique est une mesure, formée de plusieurs syllabes.


COMPTE DES SYLLABES:

Seul l'E muet fait difficulté.

-A l'intérieur d'un mot:

Après une voyelle, il ne compte jamais. (déliera=3 syl)

Après une consonne, il compte toujours.

-A la fin d'un mot:

Il compte si le mot suivant commence par une consonne.

Il s'élide si le mot suivant commence par une voyelle ou un H muet

Exemple:

En/dé/cem/bre/le/vent/sif/fl(e) aux/trous/des/ser/rur(es)

-A la fin d'un vers:

Il ne compte pas même suivi de s ou nt (3ème pers.pl)

Notez qu'on ne peut introduire au milieu d'un vers, le participe passé féminin d'un verbe du 1er groupe, s'il n'est pas suivi d'un mot à initiale vocalique.

L'ELISION:

L'E MUET final d'un mot se trouvant placé devant un mot commençant par une voyelle, ne compte pas. On dit qu'il s'élide.

Les accents sur les voyelles:

Le tréma fait prononcer la voyelle sur laquelle il est placé.

Ex: Laïque (la-i-que), Israël (Is-ra-el)

L'accent aigu (é) transforme le e muet en e fermé.

Ex: Mesure, mesuré.

L'accent grave (è) transforme le e muet en e ouvert.

Ex: Geler, il gèle.

L'accent circonflexe (ê) produit le même effet

et il allonge le son de la voyelle.

Ex: Ce jeune homme ( je-ne)

Les groupes de voyelles IE ou IO(lien, nation) comptent pour

une ou deux syllabes, suivant les cas. L'usage vous le fera reconnaître.

Ex: lien=1 pied Nations=3 pieds

SYLLABE MUETTE :

Une syllabe est dite muette quand elle a pour voyelle un "e" mueT.

Ex: la syllabe "ne": DonNE uNE aumôNE

HIATUS :

Rencontre d'une voyelle sonore finale et d'une voyelle initiale (Ex: Il va au bois) est banni de la poésie depuis le XVIIème siècle. Il était admis pendant le moyen-Âge et dans certains cas, à la renaissance:

« A mon plaisir vous faites feu et flamme...

Là où savez sans vous ne puis venir... » ( Marot )

Un hiatus produit un son peu musical et maladroit (ouverture de bouche)Permis au Moyen Age, il a été proscrit par Malherbe et Boileau, et n'est plus autorisé dans notre poésie.

Voyelles qui ne se prononcent pas:

Dans certains mots, E et O ne se prononcent pas.

Ex: Caen(can), Laon(lan), taon(tan), faon(fan), paon(pan).

La voyelle Y:

Dans le corps d'un mot, le Y vaut souvent deux I.

Il faut les faire sentir dans la prononciation.

Ex: Pays (Pai-is), égayer, royaume, paysan (pai-isan)

la lettre H et les voyelles:

Au milieu d'un mot, la lettre H joue le rôle d'un tréma.

Ex: Véhicule, cohorte ,cohérence, tohu-bohu.

Au début d'un mot, l'H est muette ou aspirée.

Ex: L'histoire, l'hydre (H muette); Les héros, la hyène (H aspirée)

Remarquez que l'H aspirée empêche la liaison et les élisions !


LA RIME :

Les règles de la rime sont assez sévères.

La rime caractérise la poésie française.

Son origine doit être cherchée dans les hymnes latines de l'église du Moyen-Âge. Elle consiste essentiellement dans la répétition, à la fin de deux ou de plusieurs vers groupés ensemble, de la même voyelle accentuée suivie des mêmes articulations.

La rime ainsi définie n'existait pas à l'origine de la poésie française: C'est ainsi que dans les chansons de gestes, la répétition de la syllabe accentuée porte seulement sur la voyelle, quelle que soit l'articulation qui la suit; C'est ce que l'on appelle L'ASSONANCE.

Par exemple, une même laisse terminée par la voyelle tonique "A" présentera une suite de mots qui pourront être:

Table, masse, message, patte, etc.

CES" VERS BLANCS", ceux qui ne riment pas, sont difficilement admis car leur rythme n'y paraît pas assez marqué et ils sont bien trop voisins de la PROSE.

Certaines écoles modernes comme les symbolistes rejettent même complètement la rime pour composer des strophes libres, où le rythme n'est plus marqué que par des espèces de refrains, des répétitions de mots, des allitérations. D'autres ont voulu introduire une sorte de prose rythmée, formée de membres d'une longueur à peu près égale, avec une sorte d'assonance (Versets de Paul Claudel) Malgré ces tentatives, il semble que la rime reste définitivement un élément essentiel du vers français.

La forme acoustique de la rime :

Du point de vue ACOUSTIQUE, on distingue LA RIME MASCULINE et LA RIME FEMININE.

La RIME MASCULINE est celle qui porte sur la dernière syllabe du mot, qui se termine par une syllabe sonore.

Ex: Eternel et solennel, soir et noir, mort et sort...

La RIME FEMININE est celle où la syllabe sonore est suivie d'un E muet qui ne compte pas dans la mesure d'un vers, la rime portant ainsi sur l'avant-dernière syllabe.

Ex: Epreuve et veuve, voile et étoile...

A noter que cet E muet peut être suivi de l's du pluriel: Magnifiques et portiques ou du groupe de consonnes NT de la 3ème pers. pluriel: Meurent et pleurent.

La syllabe tonique ENT ne saurait rimer avec les syllabes atones de ces formes: Couvent(nom) et couvent(verbe)

A noter encore que les 3ème pers. pluriel. imparfait et conditionnel en AIENT ainsi que les subjonctifs SOIENT et AIENT forment des rimes masculines.

Quelques auteurs, s'appuyant sur la phonétique actuelle, rejettent cette distinction de rimes masculines et féminines, et veulent y substituer celle des rimes VOCALIQUES, où le dernier son entendu est une voyelle(Ex: plat) et des rimes CONSONANTIQUES où le dernier son est une consonne (Ex: patte)

En général, UN SINGULIER NE RIME PAS AVEC UN PLURIEL.

2 mots à terminaison de genre différent ne riment pas ensemble.

Un mot simple ne rime pas avec son composé.

Les rimes masculines et féminines doivent se suivre en alternant.

IL y a rime quand à la fin de deux ou plusieurs vers,

il y a identité de la dernière voyelle accentuée et du reste de la syllabe.

Les RIMES FEMININES sont terminées par une syllabe muette(orage, courage)

Nuit et bruit sont des RIMES MASCULINES car le genre du mot n'a rien à voir.

LES RIMES sont :


-SUIVIES OU PLATES: a a , b b, c c

-CROISEES : a b a b...

-EMBRASSEES: a b b a.

-LIBRES OU MELEES: ordre irrégulier.

-RICHES: Si la consonne précédente(d'appui)est répétée.

Ex: dédain ,soudain. Première, lumière.

(Rimes constituées par les mêmes voyelles et consonnes)

-SUFFISANTES: si elle ne l'est pas.

Ex : soudain, main.

-REDOUBLEES: Une rime revient dans trois vers au moins.


Il y a rime POUR L'OEIL si l'orthographe est la même.

Il y a rime POUR L'OREILLE si l'orthographe diffère.


LES VERS PAIRS:

Ils peuvent avoir un nombre de syllabes variable

(De 1 à 12 et plus) Mais ils en ont le plus souvent 6, 8,10 et surtout 12.Certes il existe des vers de plus de 12 syllabes,

mais l'unité rythmique est alors difficile à sauvegarder.

Les petits vers (1,2 ou 3 pieds) sont rarement employés seuls,

sauf dans certains jeux de versification.

Les petits vers de 6 pieds sont gracieux et légers,

ils terminent fréquemment une strophe.


ETUDE DE L'ALEXANDRIN:

L’alexandrin se compose de 12 syllabes pour les vers à rime masculine et de 13 pour ceux qui se terminent par une rime féminine, la syllabe muette de la rime féminine ne comptant pas.

Avec ses vers pairs, l'alexandrin est le plus ample

et le plus équilibré de nos vers.

Le vers de 12 pieds est appelé ALEXANDRIN.

Ce vers est réservé à la poésie épique ou dramatique.

Il s'emploie aussi dans la satire et le sonnet.

Ce vers est aussi appelé HEXAMETRE. (HEX=six, METRON =mesure)

Il comprend 6 mesures de 2 pieds chacune.

On l'appelle Alexandrin parce qu'il a servi, dit-on,

à écrire le poème d'Alexandre au XIIème.

("Le roman d'Alexandre" écrit en 20000 vers de 12 pieds

par Lambert le Tors et Alexandre de Bernay)Mais on trouve déjà l’alexandrin dans « le pèlerinage de Charlemagne » écrit antérieurement.

Qu'est ce que le rythme du vers ?:

-12 syllabes que termine une rime ne constituent un vers français.

LE VERS FRANCAIS EST CONSTITUE AVANT TOUT PAR LE RYTHME.

LE RYTHME est une sorte de balancement formé par le retour

à intervalles réguliers de TEMPS FORTS ou ACCENTS RYTHMIQUES,

marqués par un renforcement de LA VOIX.

Les arrêts de la voix ou pauses jouent aussi un rôle essentiel.

EX: <>

(Heredia)


LA PERIODE RYTHMIQUE:


La période rythmique comprend plusieurs éléments rythmiques

que coupent des pauses de voix. C'est une phrase poétique ample, harmonieuse et musicale, construite avec art à l'aide de plusieurs éléments rythmiques qui se combinent, s'harmonisent et s'équilibrent.

LA PERIODE RYTHMIQUE SE COULE DANS UNE FORME DETERMINEE APPELEE STROPHE et en général, la fin de la strophe coïncide avec un arrêt de sens. La période rythmique est composée d'une série d'éléments suspendus à un mot à un groupe de mots ou à une proposition; La période est lancée d'un mouvement qui se continue en s'élargissant.

Ou bien, la série d'éléments retombe sur un mot, un groupe de mots ou une proposition; Le développement de la période, après s'être étalé avec ampleur, se condense en un trait.

Ou bien, les deux groupes rythmiques se répartissent et s'équilibrent autour d'un élément central; La période prend son élan, puis arrivée au sommet, elle redescend et s'apaise.

Parfois les éléments se succèdent en se coordonnant ou en se juxtaposant, et leur développement, bref et rapide ou calme et lent, souple et berceur ou heurté et violent, correspond à l'impression que le poète veut suggérer.

Souvent ce sont des mots de présentation (C'est... ,c'est...;

C'est... qui) ou des répétitions et des reprises, des accumulations,

des apostrophes, des interrogations, des symétries ou des contrastes

qui assurent l'unité rythmique de la période et mettent en valeur

l'idée et le sentiment, agissant sur l'imagination et le cœur.


COUPES DE L'ALEXANDRIN:


La CESURE marque avant tout LE TEMPS FORT DU MILIEU DU VERS, le divisant en deux éléments égaux que l'OREILLE perçoit nettement. C'est la césure médiane, la coupe binaire.

La COUPE BINAIRE:

L'alexandrin classique était partagé en 2 HEMISTICHES

par une COUPE principale après le 6ème pied.(Hémistiche=demi vers)C'est la coupe traditionnelle du vers classique.

L'école romantique l'a conservée mais n'en fait plus

uniquement son modèle de césure. A l'intérieur des hémistiches, une coupe secondaire mobile assurait à l'alexandrin des rythmes divers.

La CESURE et La COUPE (Synonymes)

Dans la poésie dramatique notamment, les coupes multiples peuvent servir à exprimer L'EMOTION; Les mots se pressent, se succèdent, s'opposent dans un vers coupé et haletant.

Ex : << Mais/-Achevez/-Hélas! /-Parlez/-Rome... /L'empire! >>

Six accents forts. (RACINE)

Au XIXème siècle, la liberté dans les coupes devient totale.

L'alexandrin est disloqué. Toutes les combinaisons sont possibles:

1+5+1+5

7+5

2+2+2+2+2+2

4+4+4 ( Ce vers est appelé TRIMETRE ROMANTIQUE )

Dans le vers, il y a toujours une syllabe fortement accentuée:

C'est la dernière syllabe sonore du vers, CELLE DE LA RIME.

En outre, dans un alexandrin classique, il y a obligatoirement

une autre syllabe fortement accentuée: C'est la sixième (A la fin du premier hémistiche) C'est pourquoi la césure doit toujours suivre une syllabe accentuée; Elle doit éviter de tomber dans le milieu d'un mot. Elle ne peut tomber sur une syllabe muette que si cette dernière est élidée.

Ex: << Que toujours dans vos vers/le sens coupant des mots

Suspende l'hémistich(e), /en marquant le repos >>

(BOILEAU)

La rupture du rythme régulier fait que souvent un élément de la proposition empiète d'un vers sur le suivant.

On dit qu'il y a REJET ou ENJAMBEMENT.

Le sens d'un vers s'achève dans le vers suivant.

L'enjambement d'une strophe à une autre est rare.

Utilisé avec discrétion, l'enjambement produit un effet expressif

qui correspond à une intention précise:Le mot important placé en rejet est souligné fortement par le rythme.

Ex: << Mais j'aperçois venir Madame la comtesse

De Pimbesche... >> RACINE (Effet comique)

<< Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs

Pleuvaient... >> V.HUGO (Effet de chute)

<< Le limonier suant du mors à la croupière

Tire, et le roulier fouette, et le pavé glissant

Monte... >> V.HUGO (Effort pénible)




 

Un vers de 10 pieds est un DECASYLLABE.Surtout utilisé dans la chanson de geste, puis au XVIème (Marot, Ronsard)Moins majestueux que l'alexandrin ; Notez que le décasyllabe se coupe ordinairement après le 4ème pied. Il est réservé de nos jours, ainsi que L'OCTOSYLLABE (Vers de 8 pieds), à la poésie légère.

L’OCTOSYLLABE est, lui aussi l'un de nos plus anciens vers,

il fut le vers des fabliaux;Il convient à l'épître, à la poésie descriptive,

et il permet des rythmes souples et variés ainsi qu'un choix heureux de sonorités évocatrices. L'octosyllabe a des coupes variées.

Observation:

Les fables de La Fontaine ont été écrites en VERS LIBRES.

Le poète a associé des vers de mesure inégale et de rythme varié,

dans le but d'obtenir des EFFETS précis.


LES VERS IMPAIRS:

Ils sont d'un rythme indécis et subtil, et leur mélodie

se prête à l'expression des sentiments vagues.

Ex: << De la musique avant toute chose,

Et pour cela préfère l'impair... >>

"L'art poétique" de VERLAINE est en vers de 9 pieds.

<< Et c'est la nuit, la nuit bleue aux mille étoiles >>

VERLAINE (11 syllabes)


LES VERS LIBRES:

Certains poètes se refusent parfois aux règles traditionnelles de la versification, pour exprimer des sensations neuves, des sentiments nouveaux ou des idées nouvelles. Les uns font emploi des mètres les plus variés, les autres préfèrent l'assonance à la rime et le poème est un ensemble de strophes libres avec des sons évocateurs et des répétitions. D'autres encore utilisent la prose rythmée, assonancée ou non.


L'ACCENT TONIQUE:

Ex: EnFANT, parDON. MEre, je parDONne, éCRIre.

Quand la dernière syllabe du mot est muette,

l'accent tonique est sur l'avant dernière syllabe.(LOI DE L'ACCENT TONIQUE)

Remarque:

Les mots formés d'une seule syllabe muette (je, me, le, se, te, ne...)et les propositions et conjonctions d'une seule syllabe (et, mais, pour, sur...)n'ont pas d'accent tonique:

Ce sont des mots ATONES.

ALLITERATION:

Aux effets de rythme, s'ajoutent parfois ceux qui sont dus aux sonorités des mots. L'ALLITERATION consiste à répéter des consonnes identiques pour produire des effets d'HARMONIE IMITATIVE.

Ex: « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes? »

Observation:

La CADENCE des vers est obtenue, au gré du poète,

par l'emploi judicieux des coupes et des rejets,

ou de la disposition des syllabes accentuées des mots.

L'HARMONIE est due à la sonorité des syllabes, en accord avec LA PENSEE.

L'HARMONIE EST LA MUSIQUE DU VERS.

Elle dépend de son rythme (accents et coupes) mais surtout de LA SUCCESSION DES SYLLABES (Accentuées, lourdes, atones, légères ou vives)EN UN MOT, ELLE DEPEND DE L'ACCORD DES SONORITES ET DU SENS.


STROPHES:

La strophe (tour) était chez les Grecs ce que chantait le chœur

dans sa première évolution. Dans certains cas, la strophe prend le nom de STANCE; Dans la chanson, elle devient le COUPLET.

La strophe n'est pas seulement constituée par la mesure; Elle doit présenter une unité de pensée, de sentiment et de mouvement.

Un poème peut être constitué d’une strophe unique.

Ce sont des groupes de 2 à 10 vers de type variable.

UNE DISTIQUE est composée de 2 vers.

UN TERCET est composé de 3 vers


UN QUATRAIN est composé de 4 vers

UN DIZAIN est composé de 10 vers

REMARQUE:

D'une manière générale, un petit vers, après une série de vers longs,

donne une impression de brièveté:Il sert à exposer un résultat, une conclusion, à mettre en relief l'idée et le sentiment. Il forme une chute attendue ou le mouvement de la parole et celui de la pensée

s'unissent et s'arrêtent en même temps.


LE SONNET:

Venu d'Italie , il est composé de 14 vers.

Soit 2 QUATRAINS à rimes embrassées et 2 TERCETS construits sur 3 rimes. A partir du XVIème, il a eu une très grande vogue.

Boileau a dit qu'un sonnet sans défaut vaut seul un long poème.

On doit y éviter la présence de tout vers faible.

Forme ancienne : a b b a /a b b a /c c d /e e d.

Forme moderne : a b b a /a b b a /c c d /e d e.

Observation :

Très souvent les tercets s'opposent aux quatrains par le sens. Le dernier vers résume l'impression d'ensemble ou met en valeur le détail le plus caractéristique ou élargit le tableau. Ce dernier vers doit illustrer une idée forte, brillante ou inattendue ;

ON L'APPELLE LA "CHUTE " DU SONNET.


L’ODE :

Poème qui était chanté par les Grecs. Aujourd’hui, c’est un poème lyrique composé de strophes de mêmes vers et d’égales mesure.


LA BALLADE:

Née au Moyen- Age, elle comprend :

3 Strophes de 8 vers octosyllabes faites sur 3 rimes

OU

3 Strophes de 10 vers décasyllabes sur 4 rimes

La ballade se termine par UN ENVOI car le poème était adressé

au Président d'une société littéraire (Prince d'un puy).

L'ENVOI est égal à une 1/2 strophe.

LE DERNIER VERS DE CHAQUE STROPHE ET DE L'ENVOI FORME LE REFRAIN.

Observation :

Au XIXème, on introduisit en France une ballade imitée des poètes allemands, de forme libre et qui n'a pas toujours de refrain.


LE RONDEL:

13 vers de 8 pieds en 3 strophes (4+4+5) sur 2 rimes.

Les 2 premiers vers sont repris aux 7ème et 8ème vers,

Le 1er vers est répété au 13ème vers (sorte de refrain...)

 

LE RONDEAU:

15 vers de 10 pieds en 3 strophes (5+4+6) sur 3 rimes.

Les premiers mots du 1er vers forment le dernier vers

des 2èmes et 3èmes strophes.


LE MADRIGAL:

C’est une petite pièce de vers qui contient un compliment

et se termine par un mot d'esprit.

L'EPITRE:

C'est une pièce de vers sous forme de lettre où l'on disserte

sur une question de morale ou de littérature.


LE LAI :

Nom d’origine celte. Au moyen-Age, c’était un petit poème, en

vers octosyllabes, que récitaient les jongleurs, en coupant leur

récit de strophes chantées tout en s’accompagnant d’une harpe.

Narratif ou descriptif, d’un ton souvent mélancolique, le lai est

une sorte de réduction du roman d’aventures.

Le virelai est un poème médiéval construit sur 2 rimes et 4

Strophes dont la première est reprise après chacune des 3

Autres.


LE FABLIAU:

De genre satirique, ce sont des contes souvent grossiers

mais plein de vie dont le poète RUTEBEUF fut le plus grand

artisan (Mort en 1280)Les fabliaux ou FABLEAUX étaient des

contes en vers, destinés à faire rire et parfois à édifier. Ecrits aux

XII et XIIIèmes siècles en France.


LE SIRVENTE :

Ce mot vient de servir. C’est un poème composé par un

ménestrel au service de son maître. C’est un poème de

circonstance, le plus souvent satirique, divisé en couplets et

composé par les anciens troubadours de Provence, pour

raconter les exploits des seigneurs.


PANTOUM ( ou pantoun ):


Poème d'origine malaise à forme fixe.

Adapté en France par les poètes romantiques, il est composé de quatrains à rimes croisées, dont le deuxième et le quatrième vers sont repris comme premier et troisième vers du quatrain suivant.

Hugo, Baudelaire, Leconte de Lisle, Banville ou Verlaine ont écrit des pantoums.

Deux thèmes y sont traités parallèlement, l'un dans les deux premiers vers, l'autre dans les deux derniers de chaque strophe.

Le pantoum est tout moderne en français.

L'idée en fut suggérée par la traduction d'un pantoum ou chant malais que V. Hugo donna dans les notes des Orientales en 1829, et dont Th. Gautier ne tarda pas à faire une imitation en vers.

Mais ce n'est qu'une vingtaine d'années plus tard qu'on tenta d'acclimater ce poème dans notre langue.

Il est écrit en strophes de quatre vers à rimes croisées construites de telle sorte que le deuxième et le quatrième vers de chacune passent dans la suivante pour en former le premier et le troisième vers; le premier vers de la pièce doit en outre revenir à la fin, comme dernier vers.

Telle est la structure matérielle du poème, mais ce ne sont pas ces répétitions qui en constituent la particularité vraiment originale; il développe dans chaque strophe, et d'un bout à l'autre, deux idées différentes, l'une remplissant les deux premiers vers de chaque strophe et l'autre les deux derniers.

Généralement la première est plutôt extérieure et pittoresque, l'autre intime et morale.

Ces deux idées n'ont rien de commun, mais il est facile de comprendre quels effets un poète peut tirer de la poursuite de ces deux motifs différents, de ces deux antithèses continuellement parallèles, qui se lient tout en s'opposant.


POESIE JAPONAISE


Le Haïkaï ( Des haïkus):


Il se compose de 17 syllabes, sous la forme de trois vers.

Le premier de 5 pieds, le second de 7 pieds, le troisième de 5 pieds.

Dans la forme la plus classique.

Il est possible de travailler une forme plus libre ( beaucoup de sagesse demandée! )qui se déploie en une seule phrase de 17 pieds.

Il y a une symbolique dans chaque vers. 

Il ya a toutes sortes de Haïkus, autant que d'émotions!


Le TANKA:


Il adopte 5 vers de 5/7/5/7/7

La ponctuation autorisée: le point, le point d'interrogation, les points de suspension et le point d'exclamation.

L'équivalent japonais de la virgule est le tiret.


Le Tanka ("brève chanson")

 

Est un poème court de cinq vers, de 5 pieds - 7 pieds - 5 pieds (hokku),

suivi de deux vers de 7 pieds.

 

Le Haïku (contraction de Haïkaï et Hokku)

 

Est un dérivé du Tanka, il se compose trois vers de 5/7/5 pieds, soit 17 syllabes, soit de 8 à quinze mots! Il traite surtout des saisons et des petits moments de la vie quotidienne.

 

Le Senryu ("saule de la rivière")

Est un haïku essentiellement humoristique. Epinglant les moeurs, sans pitié!

 

Les deux poètes qui sont à l'origine de ces deux genres sont Bashô (1644-1694) et Karaï Senryu (1718-1798)

 

Le Renku ou Renga ("chanson en chaînes")

Est un enchaînement de tanka, de haïku ou de septains. Il s'écrit plutôt à plusieurs lors de joutes poétiques aux 21 règles de bonne conduite (par exemple "avoir expédié la veille toutes ses affaires courantes et se présenter l'esprit libre" etc...)



USAGES EN POESIE :


La poésie, plus souvent que la prose, a recours à l'inversion

des compléments et à la périphrase.

Elle admet aussi certaines licences orthographiques comme d'écrire

indifféremment"encore" et "encor", "zéphyr" et "zéphyre", etc.

Certains mots qualifiés de nobles s'emploient souvent à la place

de mots plus communs, tels que coursier"(cheval), "hymen"(mariage), "flamme"(amour), etc.            


  

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